Dimanche, 05 Septembre 2010
| LE PLAN D'ACCÈS AUX SERVICES POUR LES PERSONNES AYANT UNE DÉFICIENCE : AFIN DE FAIRE MIEUX ENSEMBLE |
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Par Serge Côté, directeur des Services de réadaptation DP et TED et gestionnaire d'accès
Dans la dernière édition du Mieux-Être Entre Nous, la directrice générale a rapidement traité du plan d’accès pour les personnes ayant une déficience en vous présentant le schéma global du processus d’accès aux services, et en vous indiquant qu’une suite plus concrète viendrait éventuellement. Laissez-moi donc vous entretenir pendant ces quelques lignes de ce qu’est cette « bibitte »-là!
Le Plan d’accès aux services pour les personnes ayant une déficience est l’avenue privilégiée par le ministère de la Santé et des Services sociaux pour soutenir les programmes-services en déficience physique ainsi qu’en déficience intellectuelle et troubles envahissants du développement dans l’amélioration de l’accessibilité et de la continuité des services. Il inclut autant l’accès aux services spécialisés des centres de réadaptation que l’accès aux services spécifiques des centres de santé et de services sociaux (CSSS) destinés aux personnes ayant une déficience. Le plan d’accès doit donc permettre :
· d’assurer aux personnes ayant une déficience un accès aux services dont elles ont besoin dans des délais raisonnables;
· d’optimiser et d’harmoniser les processus, la gestion de l’accès aux services et l’organisation des services.
Ces objectifs sont réalisables par la mise en place de standards, c’est-à-dire de règles portant sur la façon de répondre à des exigences de base tout en donnant des indications sur ce que doivent être les services. Dans le plan d’accès, les standards se situent à deux niveaux :
· les standards d’accès;
· les standards de continuité.
Les standards d’accès
Les standards d’accès viennent préciser le moment où une personne devrait accéder aux services dont elle a besoin pour éviter que soient compromises son intégrité et sa sécurité, en plus d’assurer à la personne une réponse personnalisée à sa demande. Ces standards d’accès s’appliquent à chacune des étapes de la demande de services : l’accueil et l’analyse de la demande de services, la réponse à la personne, ainsi que le début des services. Ils sont établis également selon trois niveaux de priorité en lien avec la situation globale de la personne :
· Niveau de priorité urgent[1] : l’intégrité et la sécurité de la personne ou de sa famille sont présentement menacées.
· Niveau de priorité élevé : l’intégrité, la sécurité ou le développement de la personne risquent d’être menacés en l’absence d’intervention à court terme.
· Niveau de priorité modéré : l’intégrité, la sécurité ou le développement de la personne ne sont pas menacés à court terme, mais des interventions sont nécessaires pour l’aider à accomplir ses habitudes de vie et favoriser son maintien dans sa communauté.
Des critères d’analyse précis, que nous ne décrirons pas ici, viennent baliser l’évaluation et le choix d’un niveau de priorité pour chaque nouvelle demande de services.
Le tableau de la page suivante illustre, pour les centres de réadaptation, les standards d’accès attendus selon les trois niveaux de priorité.
Les standards de continuité
La personne présentant une déficience et sa famille ont régulièrement besoin de services offerts simultanément par plusieurs intervenants d’un même établissement ou encore par divers établissements et organismes. Le plan d’accès prévoit donc la mise en place de standards de continuité, c’est-à-dire de mesures visant à faciliter la complémentarité et la continuité des services requis par l’usager et sa famille. Deux mesures sont établies comme standards de continuité : l’intervenant pivot et l’élaboration du plan de services individualisé (PSI), selon les paramètres décrits dans le tableau suivant.
Les mécanismes prévus dans le plan d’accès
Pour assurer au sein des établissements du réseau de la santé et des services sociaux une approche systématique de la gestion de l’accès aux services, le plan d’accès prévoit cinq moyens devant être mis en place. Ces moyens, de même que les actions entreprises par le CR La Maison pour atteindre les résultats attendus, sont décrits dans le tableau suivant :
Les étapes d’implantation du plan d’accès
La mise en œuvre du plan d’accès s’est faite en juin 2008 et comporte trois phases, dont les deux premières sont déjà réalisées :
Phase 1 (2008-2009) :
Au 1er septembre 2008, les usagers dont la demande est de niveau de priorité urgent commencent à recevoir les services dans les délais prévus.
Au 1er novembre 2008, les enfants âgés de moins de 6 ans dont la demande est de niveau de priorité élevé commencent à recevoir les services dans les délais prévus.
Phase 2 (2009-2010) :
Au 1er novembre 2009, tous les usagers dont la demande est de niveau de priorité élevé commencent à recevoir les services dans les délais prévus.
Phase 3 (2009-2010) :
Au 1er novembre 2010, tous les usagers commencent à recevoir les services dans les délais prévus.
En guise de conclusion…
Le plan d’accès aux services pour les personnes ayant une déficience vise à apporter des améliorations significatives à l’accessibilité et à la continuité des services. À chacune des phases de son implantation, il s’accompagne d’investissements significatifs pour en permettre l’actualisation. Le CR La Maison a eu sa part dans les deux premières phases, lui permettant de bonifier son offre de service dans plusieurs de ses programmes. Rien n’est toutefois prévu pour la phase 3 et le défi sera grand pour répondre, dans les délais prescrits, à l’ensemble de la clientèle.
De plus, les obligations liées au plan d’accès ne visent que la réponse au premier service, sans tenir compte de toute la gamme de services requis par les usagers qui nous sont référés. Nous continuons donc de défendre avec vigueur l’importance que nos usagers aient accès à une gamme COMPLÈTE de services pour leur permettre une récupération maximale et une pleine participation sociale. Pour nous, les usagers ne sont plus en attente de service lorsque nous répondons à l’ensemble de leurs besoins. Et c’est ce à quoi vous vous efforcez si bien…
[1] Pour les centres de réadaptation, les situations présentant un niveau de priorité urgent devraient être exceptionnelles, compte tenu que de telles situations relèvent davantage des services de 1re ligne.
[2] AERDPQ : Association des établissements de réadaptation en déficience physique du Québec.
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